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Equateur - 2008 06 20 La boucle de Quilotoa


de Ced et Fann, 20-06-2008

Zumbaha, Quilotoa, Chugchilan, Sigchos...quelques etapes d un des plus beaux coins du pays


Apres l animation de Quito nous sommes tres desireux de retrouver les grands espaces et le calme. Sac au dos nous testons les differents bus du pays pour rejoindre notre point de chute, Chugchilan. Les segments Quito-Latacunga puis Latacunga-Quilotoa se passent comme sur des roulettes. Nous admirons les montagnes depuis notre fenetre et nous emerveillons devant les vetements traditionnels des habitants. Tous equipes de chapeaux en feutre, chales colores, jupes plissees pour les femmes et petits chaussons de toile ils sont magnifiques. A partir de Quilotoa, les choses se gatent. Le mauvais temps a endommage l etroite route de terre et avec le bus, il est desormais extremement difficile de passer. Les roues s engouffrent dans les enormes trous quand elles ne sont pas suspendues dans le vide, le bus tangue a gogo et nous ne respirons plus. Le trajet dure 1h30, nous n avons plus qu a reciter des prieres, croiser les doigts et croire en notre chance. Religion, superstition et destin reunis sont necessaires a notre survie.

A l arrivee a Chugchilan (3200 m), Cedric pose le pied a terre comme il l aurait pose sur la lune. Il n y croyait plus. Nous nous promettons de ne plus remonter dans un bus de ce type sur ce segment de route.
L adresse que nous choisissons dans le village est un vrai refuge cosy. Les chambres en briques abritent des lits douillets recouverts d une jolie couverture ecossaise, les salles de bains communes ont de l eau chaude (et pour une fois ce n est pas mensonger) et la salle des repas toute de bois vetue est rechauffee par un poele traditionnel comme on les aime. Nous nous sentons extremement bien dans ce cocon gere par une accueillante famille.

Comme au Nepal, nous retrouvons les plaisirs des longues discussions avec les autres touristes de passage. Nous rencontrons un couple de Canadiens, un couple de Danois et une Americaine. Le diner ensemble est tres sympa ce qui nous decide (presque tous) a marcher le lendemain ensemble. La route du trek etant de plus peu balisee nous aurons besoin de tous nos sens de l orientation reunis.


La marche que nous decidons de faire relie le village de Quilotoa a celui de Chugchilan. Pour ne pas prendre le bus public de 4h du matin nous nous cotisons pour nous faire monter au village en voiture. Avec un vehicule plus etroit et 4x4 nous ne craignons plus rien.
Les decouvertes demarrent avec la lagune de Quilotoa, un lac de montagne enchasse dans le cratere d un volcan inactif. C est absolument sublime : l eau verte contrastant avec les flancs de lave nous ravit tous. Une petite descente jusqu au niveau de l eau et la remontee associee nous mettent en jambe (400m de denivele a l aller et au retour).

Il est 11h44 (precision stupefiante de Mariah, notre psychologue americaine) lorsque nous demarrons la marche vers Chugchilan. La premiere 1h30 se deroule a merveille : nous avons le meme rythme, les indications sont precises et clou du spectacle, le ciel est de plus en plus degage.
Arrives au 10eme repere, nous sommes senses trouver un chemin de sable se decoupant sur une crete de colline. Le sentier doit nous emmener au village de Guayama. Entre temps nous devons traverser un paysage tres decoupe a cause des multiples canyons qui le caracterisent. Guide du jour, Mariah s engage sur une premiere piste. Au bout de 15 minutes le chemin nous parait sentir le roussi. Nous faisons donc marche arriere. Stina et Ulrik prennent a leur tour les commandes et nous emmenent dans une grande descente a travers champs en esperant nous faire traverser le canyon par le bas. Au bout de 300 metres de denivele, il faut nous rendre a l evidence, cette route n est pas non plus la bonne. Arrive alors le tour des Frenchies. Nous testons une voie intermediaire qui devrait nous faire rejoindre un sentier aerien. Au depart cela a l air pas mal mais plus on avance, plus c est de l escalade et une fois sur la crete, rien ne semble poursuivre vers le village. Marche arriere pour la troisieme fois et apres 2h d errance. Nous retournons a la maison abandonnee du 10eme repere. Au moins, s il nous arrive quelquechose, nous aurons un endroit ou dormir.
Derniere possibilite : attaquer le flanc de la montagne par la gauche. Nous nous y engouffrons, Cedric en tete. Au bout de 15 minutes, des chiens hurlants se jettent sur nous canines decouvertes et annoncent ainsi une presence humaine. Bingo. Effectivement une paysanne haute comme 3 pommes (la taille moyenne des montagnards doit etre d 1m50) nous confirme que nous sommes sur la bonne route. L ambiance se detend et les discussions legeres reprennent.
Nous arrivons a Guayama vers 15h30. Il nous reste 2h de route d apres le guide et un immense canyon a traverser. Les premieres centaines de metres apres le village sont faciles comme tout. Les indications sont bonnes. Les hesitations reviennent ensuite. Cette fois, pas question de perdre notre temps, nous interceptons une jeune fille d ici et acceptons sa proposition de nous guider. La voila qui commence a s engouffrer a toute allure dans un canyon vertigineux (des a-pics de 300m) nous faisant courir comme des cabris malgre les genoux fragiles de certains. Nous nous felicitons cependant d avoir fait appel a elle tellement la route est peu evidente et technique. Tetanisee par le vide, je suis bien contente de trouver sa main reconfortante (ou celle de Cedric) lors de certains passages difficiles. Si cela n avait tenu qu a moi, peut-etre serais-je encore accrochee a la paroi... Nous soufflons tous 5 minutes une fois les ponts branlants et sentes riquiquies derriere nous.
Le dernier segment n est plus qu un jeu d enfants. La route est en pente dure certes mais le chemin a suivre est evident. Nous commencons a bien rire de cette sortie sensee durer 3 heures et qui se termine en aventure digne d un reality show genre Fear Factor avec les differences interculturelles qui vont bien.

Une fois rentres, douches, changes, nous concluons cette belle journee autour d un gouter qui tombe a point nomme et d un diner digne de Thanksgiving. La dinde rotie est un regal.

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